Des contrats si compliqués
La conseillère fédérale Viola Amherd et son administration ont affirmé durant plusieurs années que les avions F-35 avaient été acquis par la Suisse à un prix fixe. Le Département de la défense (DDPS) a même, à plus de vingt reprises, accusé des journalistes prétendant le contraire de répandre des fake news, en publiant des «rectifications» sur son site internet. Les réseaux sociaux regorgent de vidéos amusantes où la ministre insiste sur ce prix fixe. La Commission de gestion du Conseil national a rendu un rapport prouvant qu’il n’en était rien.
L’erreur viendrait, selon l’administration, du fait que les autorités suisses se sont fiées à des déclarations de l’ambassadeur des Etats-Unis, sans que nos hauts fonctionnaires ne prennent réellement la peine de lire (et de comprendre?) le contrat d’acquisition. Pire, lorsque la ministre a pris conscience de l’erreur, elle a menti en continuant à parler de prix fixe, jusqu’à discrètement démissionner en refilant la grenade dégoupillée à son successeur, selon l’adage Servir et disparaître…
Alors que ce scandale d’Etat éclate, le conseiller fédéral Ignazio Cassis présente au Parlement et à la population un autre contrat de quelque mille deux cent vingt pages dont il nous promet qu’il préserve la démocratie directe et la souveraineté de la Confédération. Combien de temps faudra-t-il attendre pour savoir s’il a bien lu le paquet d’accords avec l’UE?
Au sommaire de cette même édition de La Nation:
- Un budget au point de bascule – Editorial, Cédric Cossy
- Inutile – Jean-François Cavin
- L'idée russe ou l'amour égaré – Yannick Escher
- Le président Parmelin et la collégialité – Olivier Delacrétaz
- Alors, toujours content de votre voiture? – Jean-Blaise Rochat
- Des aides pour le libre-échange – Benjamin Ansermet
- Les ambianceurs – Jacques Perrin
- Union des Compromissions vaudoises – On nous écrit, Réd. - Maxime Stern
