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Les Cahiers de la Renaissance vaudoise ont cent ans

Yves Gerhard
La Nation n° 2296 9 janvier 2026

Novembre 1926: la date est celle de la naissance, non des Cahiers de la Renaissance vaudoise, mais de la revue Ordre et Tradition, Entretiens politiques, philosophiques et littéraires. Le N° 1 porte le titre L’Ordre dans l’Etat. Cette publication marque le début officiel de ce qui deviendra le Mouvement de la Renaissance vaudoise. Cette première livraison contient des éléments de doctrine élaborés à la suite de l’affirmation publiée dans la Gazette de Lausanne du 11 juin 1926, sous la plume de Georges Rigassi, son rédacteur en chef, à propos de Léon Daudet: «On ne saurait être à la fois Suisse et royaliste, et la question «république ou monarchie» ne se pose pas chez nous. Cesser d’être démocrate et républicain, c’est cesser d’être Suisse.»

Trois étudiants en droit de juste vingt ans ont protesté contre cette affirmation et se sont expliqués dans un long courrier publié dans la Gazette du 30 juin1. Il est signé Marcel Regamey, Victor de Gautard et Alphonse Morel – les trois seront les fondateurs de la Ligue vaudoise et les signataires, en 1931, de Raison d’agir2, l’éditorial du premier numéro de La Nation.

On remarque dans cette diatribe à la fois l’ardeur juvénile et la profonde vision que les jeunes juristes ont de la réalité politique et de l’histoire. Ils commencent par affirmer que la démocratie, partout où elle est installée, provoque le nivellement et la centralisation du pouvoir, que les décisions politiques sont complexes et exigent une idée nette de l’intérêt national. La souveraineté populaire n’y parvient pas: «Politique d’abord, a dit Maurras, et nous le répétons avec lui. […] La démocratie telle qu’elle sévit actuellement, avec sa logique égalitaire et étatique, n’est en aucune façon un régime traditionnel en Suisse, en général, et dans le canton de Vaud, en particulier.» Ils montrent ensuite que les Waldstätten et les anciens Cantons suisses, jusqu’à la Révolution, étaient fondés sur des vertus aristocratiques et que «la veulerie des partis», surtout dès 1848, n’a provoqué que l’étatisme et la centralisation. Le journal avait donné comme titre et sous-titre: A propos de la démocratie suisse / Les nationalistes antidémocrates.

La revue Ordre et Tradition s’est voulue dès l’origine un lieu d’échange d’idées et d’exigence intellectuelle, non une œuvre de propagande pour atteindre des objectifs électoraux. La preuve était faite que l’on pouvait être un bon Suisse sans adhérer aux idéaux démocratiques et égalitaires. Nous n’allons pas résumer les arguments de Marcel Regamey, encore étudiant, qui sont exposés dans ce premier cahier sous le titre L’Ordre dans l’Etat, et qu’André Manuel a présentés en citant les phrases essentielles dans Le chemin de Marcel Regamey, Sa vie, ses écrits, son action3.

Aujourd’hui, la collection des CRV comprend 162 publications. Nous nous proposons de présenter régulièrement l’une d’elles dans La Nation en 2026, pour marquer ainsi les cent ans des Cahiers.

Notes:

1   https://www.letempsarchives.ch/page/GDL_1926_06_30/1.

2   Editorial reproduit dans La plume de Marcel Regamey, Articles de La Nation (1931-1982), Cahiers de la Renaissance vaudoise N° 117*, Lausanne, 1989, pp. 9-11. On le trouve aussi sur www.scriptorium.ch.

3   Cahiers de la Renaissance vaudoise N° 116*, Lausanne, 1989, pp. 48-54. Cette biographie est toujours disponible sous www.les-cahiers.ch.

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